
Fulgurante ou explosive, peut-être pas, mais en tous cas la progression revêt deux qualificatifs essentiels : irrésistible et quasi-exponentielle. On parle du e-commerce bien sûr (en l’occurrence ici aux USA, mais globalement c’est identique pour les autres pays).
Nielsen estime qu’en 2008, le montant total des ventes en ligne représentait « seulement » 8 % des ventes de détail. Mais ce vecteur devrait connaître une progression de 83 % d’ici 2012 : on peut donc s’attendre à ce que la barre des 10 %, au global soit franchie cette année.
De son côté, eMarketer fait sensiblement la même analyse, même s’il revoit pour la première fois à la baisse ses propres évaluations pour 2009 : hors tourisme, le e-commerce devrait même se réduire en 2009, d’un peu plus de 3%, mais dès 2010 la croissance devrait reprendre à un rythme effréné (+ 5,5 %, puis plus de 10 % par an).
Ces courbes, quand on les prolonge sur le moyen terme, amènent Nielsen à prédire que nos enfants feront majoritairement leurs achats sur le web (c’est en tous cas Le Journal du Net qui l’affirme, en reprenant les propos d’un des responsables Nielsen sur son blog). A ce stade, on ne peut plus parler de révolution, c’est la conquête de la vie sur une autre planète !
Encore un nouveau mot à apprendre, pour ceux que les techniques vidéos numériques rebutent un peu : le timelapse. C’est un mode de tournage en accéléré, ou en images photos assemblées les unes aux autres, d’un plan fixe pris à quelques minutes ou quelques heures d’intervalle, qui permet de concentrer plusieurs heures en quelques secondes ou quelques minutes. Les vidéastes plus ou moins amateurs de Los Angeles ont exploité cette technique de pointe pour « filmer » les feux dramatiques de la fin du mois d’août. Leurs « vidéos » ont fait le tour du monde, car elles sont exceptionnelles : les flammes ou la fumée qui s’évaporent de ces collines sont incroyablement violentes, on dirait presque qu’on a filmé un volcan en éruption. Une bonne occasion de se familiariser avec cette technique et de découvrir que le timelapse rassemble une vraie communauté de passionnés sur internet (pour s’en convaincre, il suffit de taper « timelapse videos » sur Google ou sur Bing). On découvrira des sites extrêmement riches : un des plus beaux exemples restera certainement ce soleil qui ne se couche jamais (une semaine au Pôle Nord en une minute de vidéo !).
Les ordinateurs, internet, la lecture, le téléphone, la télévision, la radio,… Tous ces vecteurs de communication ont fini par produire des êtres totalement multitâches, à l’image de nos bons vieux computers qui, au fil des ans, sont devenus capables de faire des tonnes de choses en même temps (sans qu’on s’en aperçoive d’ailleurs). L’idée est venue aux chercheurs du CHIMe Lab. de l’Université de Stanford (Californie), de comparer les réactions deux populations d’étudiants : la première très habituée à manipuler plusieurs sources en même temps (écouter la radio tout en surfant sur le web par exemple), l’autre plutôt tournée vers la concentration sur une seule activité dans une période donnée. Les résultats de leurs tests (publiés dans les « Proceedings » de la National Academy of Sciences américaine, et dont Bernard Claverie donne quelques explications passionnantes) semblent sans appel : la population dite « multitâche » réussit moins bien que la « monotâche ». Comment faut-il interpréter ces résultats ? En mode « multi » bien entendu : le cerveau n’est pas « de naissance » multitâche, mais on peut aussi certainement le faire progresser. En tous cas, nous sommes rassurés sur un point crucial : le cerveau humain n’est pas construit comme un ordinateur (ou … l’inverse !). La question suivante consiste à déterminer si les nouvelles technologies ne nous affaibliraient pas…
Ce n’est certainement pas le fruit du hasard : en cette rentrée 2009, les journaux semblent bien être en train de prendre le taureau par les cornes pour tenter de retrouver les chemins de la profitabilité. Coup sur coup, quatre acteurs majeurs de la presse française ont lancé des projets, qui regroupent systématiquement plusieurs points communs très forts : toujours coupler le « papier » au web, décliner l’offre sur téléphone portable, et proposer des contenus payants.
En d’autres termes, l’ère de la différenciation papier/web est bel et bien terminée, le téléphone portable est devenu réellement incontournable, et le tout gratuit est en fin de course.
Le Figaro propose son site Wansquare, contenus économiques payants, en principe dédiés d’abord aux mobiles
Les Echos vont lancer quasiment le même service en octobre, baptisé « Le Crible », lui aussi payant et sur mobile.
Le Monde lance son « widget sport », qui se prolonge sur une « chaîne thématique » nouvelle, accessible sur un site distinct mais adossé au site général du quotidien.
Et enfin, Libération, en parallèle du lancement de sa nouvelle formule lundi dernier, a mis au point un site payant (en édition « Premier » ou « Essentiel ») avec en point de mire l’accès aux contenus du journal en intégralité, et plus ou moins en avance sur l’édition « papier », ainsi qu’aux archives avec différentes profondeurs. Bien entendu, le tout sera déclinable également sur iPhone très prochainement.
Mediapost, la filiale de La Poste spécialisée dans la distribution et la gestion des prospectus commerciaux, fait un pas de plus vers le web et l’accompagnement du e-commerce, avec le lancement de son moteur de recherche baptisé, très bizarrement « Venduoo » (il faut le lire à haute voix pour comprendre « vendu où »…). L’objectif de Venduoo consiste à répercuter on line ce que les professionnels font avec leurs imprimés publicitaires : faire connaître leurs promotions dans les commerces de proximité. Venduoo préfigure finalement ce que sera la deuxième génération des sites comparateurs : les sites de type Kelkoo sont obligés de revoir leur modèle avec l’arrivée en ligne des magasins eux-mêmes, qui cherchent à étendre leurs propres promos sur le web, au-delà donc de leurs murs, mais dans un rayon d’action géographique limité. L’internaute se rendra sur Venduoo selon deux approches possibles : par magasin ou par produit. Ce qu’il faut valider maintenant, c’est si le consommateur fait ses courses sur internet comme il les fait dans son magasin. Pas si sûr…
C’est l’invasion, non seulement de la grippe elle-même qui risque bien de se transformer en « vraie » pandémie (mais dont on ne connaît pas la « violence » ni la gravité), mais aussi des professionnels qui voient arriver le miracle en pleine crise : la naissance d’un nouveau marché. Il n’y a qu’à voir comment les spams sur la grippe A ont fleuri ces dernières semaines pour se rendre compte que le marché attise les convoitises. Marché dont s’empare les petits malins sur l’iPhone avec cette application «Outbreak Near Me» (littéralement « l’éclosion d’à côté ». Cette application a été conçue par l’Hôpital pour enfants de Boston (avec l’incontournable Google et le MIT), en déclinaison de leur « carte de la santé ». On le comprend rapidement, il s’agit de géolocaliser, avec l’aide d’un système GPS, les cas avérés de grippe A qui apparaissent. EN faisant jouer l’application dans le temps, on peut ainsi visualiser la progression de l’épidémie sur son petit écran. Question : est-ce que va permettre de l’éviter, ou tout au moins de la ralentir ? Réponse : évidemment non.
Petit clin d’œil qui amusera les designers et les spécialistes en ergonomie internet, et qui interpellera certainement aussi les juristes spécialisés dans les brevets : Google vient de faire breveter le design et l’ergonomie de sa home page. Si, si, ce n’est pas un poisson d’avril de rentrée, c’est une vraie info : l’USPTO, l’équivalent de notre Inpi, a accepté début septembre la demande de Google pour : « The ornamental design for a graphical user interface for a display screen of a communications terminal, as shown and described ». On ne saurait être plus clair… Le problème c’est que ce design (fond blanc très épuré, quasiment pas d’image, positionnement des liens très précis,…) a fait le tour du monde et est actuellement utilisé par des millions de sites et notamment a fait « jurisprudence » dans le monde des moteurs (à part Bing qui s’en détache un peu) : si la page est réellement brevetée, Google va-t-il en interdire la « copie » ? Les Yahoo! et autres ont bien du souci à se faire…
Chaque semaine, les campagnes de publicités qu’on a aimées... et celles qu’on a aimées un peu moins.
ePub + : on a aimé la campagne Asylum